Biographie Paul Emile Victor

Sans Paul-Emile Victor, il n’y aurait pas d’expéditions françaises dans les régions polaires.

Par Yvonne Rebeyrol, Le Monde du 9 mars 1995

Et la France n’aurait sans doute pas sa base antarctique, Dumont-d’Urville, permanente depuis 1956.

Jusqu’en 1934, pourtant, rien sauf peut-être des rêves d’enfant et d’adolescent ne destinait Paul- Emile Victor à consacrer la plus grande partie de sa vie aux terres polaires.

Né à Genève le 28 juin 1907, Paul-Emile Victor passe d’abord plusieurs années à l’Ecole centrale de Lyon, décroche une licence es sciences et des certificats de licence de lettres.

« Monté» à Paris, il suit les cours de l’Institut d’ethnologie, en particulier ceux de Marcel Mauss. Son souhait d’alors était d’aller étudier les Polynésiens.

Mais, en 1934, surgit l’occasion exceptionnelle de se rendre… au Groenland.

Le commandant Jean-Baptiste Charcot, au faîte de sa gloire, accepte de prendre sur le « Pourquoi- Pas? »

Paul-Emile Victor a toujours eu le don de saisir les occasions.

Il part donc pour Angmagssalik (aujourd’hui  Ammassalik)  avec ses trois «copains».
Le quatuor monte son camp de base hivernal à Tassiussak, petit centre
admistratif et commercial de la région d’Angmagssalik. Pendant cette premiere année de séjour, PEV commence les études ethnographiques de cette communauté esquimaude qui a vécu pratiquement isolée sur la côte est du Groenland jusqu’en 1884.

Accompagné de Robert Gessain, de Michel Ferez et de l’archéologue-sculpteur-romancier danois Eigil Knuth (spécialiste de la préhistoire du nord du Groenland), Paul-Emile Victor revient au Groenland en 1936, mais cette fois sur la côte ouest.

Les quatre  hommes réussissent la traversée de la grande île d’ouest en est par voie terrestre. Partant de Christianshaab à la mi-mai, arrivant à Angmagssalik au début de juillet, après avoir parcouru à pied 800 kilomètres, accompagnés de traîneaux à chiens.

A l’issue de cette expédition, Paul-Emile Victor reste seul à Kangerlussuaq (à quelque 150 kilomètres à vol d’oiseau de Tassiussak). Pendant quatorze mois, il vit dans une famille groenlandaise, Esquimau parmi les Esquimaux.

Là, il continue son travail d’ethnologue avec un soin et une compétence extraordinaires.

Il travaille, notamment, sur les techniques corporelles et les jeux, dont il décompose les mouvements grâce à son exceptionnel don de dessinateur.

Il a parfaitement appris le dialecte groenlandais local et il enregistre les chants esquimaux dont il transcrit les paroles phonétiquement. Il tient son journal, met par écrit toutes ses observations.

Lire la suite de la biographie sur Wikipedia