La série « Carnets », est peu importante en masse mais très riche en informations.
Elle peut se diviser en trois sous-séries :
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journaux de route
photocopies de certains de ces journaux de route
agendas et répertoires |

En effet les
journaux de route de Victor tiennent à la fois du
journal intime (poésies, jugements sur les personnes rencontrées ou les événements survenus) et du
carnet de route ou d’expédition (où sont notés tous les faits concernant l’expédition), ce dernier aspect dominant cependant. Cette ambiguïté, qui d’ailleurs pose un problème (le fait que Victor se soit servi de ces journaux de route pour écrire ses livres et ses rapports d’expéditions signifie-t-il qu’on peut considérer qu’ils ont comme vocation d’être
communiqués ?), explique qu’on les ait classés à part des expéditions, auxquelles on aurait pu à la rigueur les rattacher (car il y a en général un carnet par expédition).

Bien que de statut ambigu
ces journaux de route sont avant tout des carnets d’expédition : la preuve en est que Paul-Émile Victor ne tient pas de journal intime quand il n’est pas en voyage ou en expédition.
Ils présentent l’avantage de fournir des informations « brutes », c’est-à-dire n’ayant pas subi le travail de reconstruction et de choix narratifs et stylistiques que Victor met en place dans ses livres et ses articles.

Cependant la comparaison, à propos d’un même fait, entre la version consignée dans le journal de route et celle publiée dans le livre, par les nombreux points communs qu’elle révèle, incite à se montrer prudent et critique vis-à-vis de ces journaux.
Le travail de mémoire et de construction de soi est présent même dans ces notes prises à chaud sur le terrain. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’apportent rien de
nouveau : les appréciations (positives ou négatives) sur les personnes y sont beaucoup plus nombreuses que dans les livres.

D’autre part, l’habitude prise par Victor de noter les « coordonnées » de toute nouvelle personne rencontrée fait de ces carnets un outil important pour la reconstitution de ses réseaux amicaux et professionnels. Il est évident que, compte-tenu de l’importance de ces journaux de route, la seule méthode possible est de les lire entièrement de manière critique, c’est-à-dire en s’interrogeant à chaque instant sur la fonction (organisation de l’expédition, constitution d’un carnet d’adresses, expression d’un jugement ou d’un sentiment, première mise en forme littéraire d’une anecdote en vue de son utilisation dans un livre, etc.) qu’il remplit.