L'organisation des territoires 1946 - 1952
La création des Expéditions Polaires Françaises (Missions Paul-Emile Victor) 1946-1947
Logo des EPF Pendant la guerre, Paul-Emile Victor prend conscience du fait qu'une expédition scientifique de grande envergure visant à l'étude complète de la calotte glaciaire du Groenland est désormais techniquement possible, du fait du progrès des techniques polaires que représentent la mécanisation des moyens de transport et le développement de l'aviation polaire.

C'est à l'organisation d'une telle expédition qu'il s'attelle dès sa démobilisation en 1946.

1946 est une année importante pour Paul-Émile Victor. Il se marie et cherche à organiser une nouvelle expédition au Groenland.

L’idée, très nouvelle à l’époque, est d’utiliser le savoir-faire acquis pendant la guerre (soutien aérien par parachutage ou largage libre, utilisation de véhicules chenillés amphibies, les weasels) pour pouvoir étudier scientifiquement la calotte glaciaire du Groenland.

A ce projet initial, se greffe le projet d’une expédition en Terre Adélie, dans l’Antarctique.


Weasel exposé avec Robert Guillard, André-Franck Liotard, Mario MarretLe choix du weasel M 29C

Dés la création en 1947 des Expéditions Polaires Françaises (EPF) (Missions Paul-Émile Victor), Paul-Émile Victor souhaite que l'exploration des zones polaires puisse se faire en utilisant des moyens de transport combinés ( transport air-mer-terre).



Le passage d’expéditions à but ethnographique et à moyens de locomotion utilisant la force animale (chiens de traîneau) à des expéditions à but scientifique appuyées par la force mécanique et par une importante logistique, ce passage nécessite des moyens financiers.

1949 : Weasel équipés d'une antenne goniométrique, en chargement à Rouen.
© IPEV / PDavid Grâce à de multiples démarches et à une importante campagne de presse, Victor obtient ces moyens en février 1947 : c’est la naissance des Expéditions Polaires Françaises (EPF) (Missions Paul-Émile Victor).

Grâce à ses dons d’organisateur et sa capacité à mobiliser les énergies, Paul-Émile Victor va mettre en place ce formidable outil pour la recherche scientifique que sont les Expéditions Polaires Françaises, un des seuls organismes polaires au monde à organiser des expéditions à la fois en Arctique et en Antarctique.

Pendant près de trente ans Paul-Émile Victor leur consacre le plus clair de son temps.


C’est d’abord la période héroïque, où tout est à organiser, tout à construire.

Malgré des  difficultés dans un premier temps (en 1948 semi-échec au Groenland et échec en Terre Adélie), l’idée logistique de Paul-Émile Victor se révèle payante : une première étude scientifique de la calotte glaciaire du Groenland et l’exploration de la Terre Adélie sont menées à bien.


©  Archives Paul-Emile Victor / Raid Groenland 1948 Grâce à de nombreuses démarches auprès des autorités et à une habile campagne de presse, il parvient, malgré les difficultés financières de l'époque, à convaincre le gouvernement de l'utilité scientifique et stratégique qu'il y a à financer son projet d'expédition scientifique mécanisée au Groenland, auquel il a adjoint, sur une idée de Yves Vallette, Robert Pommier et J. A. Martin, le projet d'une expédition antarctique visant à réaffirmer la souveraineté de la France sur la Terre Adélie.

C'est ainsi que les Expéditions Polaires Françaises (EPF) (Missions Paul-Emile Victor) naissent le 28 février 1947.

Une fois l'accord de principe du gouvernement obtenu, Paul-Emile Victor va, tout au long de l'année 1947, préciser le projet arctique, son ami André-Frank Liotard étant chargé du projet antarctique.

Un budget est établi ; un programme scientifique précis de l'étude de la calotte glaciaire du Groenland est mis en place par la Commission Scientifique des EPF, alors qu'est prévue une logistique mécanisée originale, s'appuyant sur des véhicules chenillés (weasels) et le parachutage de matériel par avion.

S'il parvient à mobiliser autour de son initiative une bonne partie des milieux scientifiques et gouvernementaux, l'échec du Centre Polaire Charcot lui aliène une partie des anciens polaires français.