Le temps des expéditions internationales 1952-1960
L'Année Géophysique Internationale 1954-1959
Lors de la préparation de l'Année Géophysique Internationale (AGI), préparation qui commence réellement en 1954, Paul-Emile Victor est marginalisé par l'action conjuguée de deux adversaires :
le père Lejay, et derrière lui une bonne partie du milieu scientifique français, et Bertrand Imbert, et derrière lui la Marine.

Lejay nomme Imbert Chef des expéditions antarctiques françaises de l'AGI, mais ce dernier ne peut se passer de la logistique des EPF et c'est ainsi que Paul-Emile Victor obtient la présidence du sous-comité antarctique français, fonction à vrai dire quelque peu honorifique.

Marginalisé, Paul-Emile Victor ne va cependant pas rester inactif pendant l'AGI.
Il décide de jouer sa carte personnelle.
C'est d'abord en 1956, après un premier voyage en Terre Adélie, l'organisation d'un tour du monde aérien transpolaire, dont la guerre de Suez empêche la réalisation.

Puis c'est, en 1957, à l'occasion d'une mission d'observation des opérations antarctiques américaines de l'AGI, la réalisation d'une sorte de « pèlerinage polaire » au pôle Sud.

Enfin c'est surtout, en 1958 et 1959, la reprise en main des expéditions en Terre Adélie après l'AGI et l'obtention d'une décision gouvernementale rendant permanentes les expéditions françaises en Terre Adélie et garantissant de ce fait la pérennité des EPF, Paul-Emile Victor ayant le mérite de comprendre que la coopération internationale et les recherches scientifiques initiées lors de l'AGI en Antarctique étaient appelées à se poursuivre.